Blaise Guillotte

Agent en environnement à l'Éco-Quartier de Montréal-Nord
Montréal-Nord
Montréal, c’est comme une énorme cour de béton qu’on recouvre de plantes et d’arbres partout.

Pouvez-vous vous décrire en quelques lignes et indiquer votre lien avec ILEAU.

Un bûcheron urbain intellectuel? Avec une maîtrise en Science Po et une en philosophie, j’ai longuement eu le temps de réfléchir aux impacts politiques et humains de nos actions sur l’environnement. En tant qu’agent en environnement à l’Éco-Quartier de Montréal-Nord, j’ai la chance de m’impliquer et de diriger une multitude de projets. Un de ceux-là étant la livraison et la plantation d’arbres dans le cadre du projet ILEAU. J’ai également participé à la distribution de plus de 200 plantes grimpantes cette année.

Comment définiriez-vous ILEAU à une personne qui ne connaît pas le projet et votre intérêt ?

J’aime bien expliquer les choses avec des petits exemples concrets. Par exemple, on a souvent des balcons ou des cours en béton à Montréal. Il fait chaud sur le balcon ou la cour l’été, n’est-ce pas? Rajoutez quelques plantes, quelques fleurs, un peu d’herbe, juste pour voir la différence. Et vous en verrez une. Imaginez ça maintenant à la grandeur de la ville de Montréal. Montréal, c’est comme une énorme cour de béton qu’on recouvre de plantes et d’arbres partout. Et en faisant cela, on fait une différence dans la vie de tous les Montréalais et Montréalaises.

Quel est votre rôle dans cette initiative ?

Le simple fait de participer au verdissement de Montréal et surtout, de Montréal-Nord, un endroit très dense en béton (!), est une action très valorisante. Il y a cette fable qui raconte l’histoire d’un oiseau qui tente d’éteindre un feu de forêt avec une goutte dans son bec. Les autres animaux rient de lui et il répond simplement : « J’aurai fait ma part ». C’est un peu la même logique.

Quelles ont été vos motivations à vous engager dans cette opération ?

J’ai dû voir le film « L’homme qui plantait des arbres » une vingtaine de fois dans mon enfance. Quiconque regarde ce film-là se rend compte de l’importance des arbres dans notre vie de tous les jours. C’est encore plus vrai dans un espace comme la ville où le béton, les automobiles et la pollution rendent l’air très néfaste.

Quelles sont les missions d’un bûcheron de l’asphalte à vos yeux ?

Rendre la ville plus verte bien entendu. Mais il y a un petit côté « missionnaire » et « coureur des villes » dans tout ça! Il faut sillonner les arrondissements, trouver des lieux de plantation, convaincre les gens de planter ou même encore de désasphalter. Ce n’est pas toujours évident, puisque ça peut être coûteux. Mais à long terme, c’est tout le monde qui en sort gagnant.

Quel serait votre message pour inviter les acteurs qui vous entourent à devenir des bûcherons de l’asphalte ?

Premièrement, il faut être conscient des réalités et des intérêts de chacun pour bien comprendre dans quel contexte ils se situent. Par la suite, je crois qu’il est important de miser sur un mouvement (« vert » ou « écologique ») qui ne va que prendre de l’ampleur avec les années. Ce n’est pas simplement une question esthétique, c’est encore plus simplement une question de survie!

Quel est votre rêve pour  le Montréal de demain ?

J’aime beaucoup Montréal. J’y suis né, j’y ai été élevé. J’adore sa beauté, sa diversité, les gens qui y habitent, sa vitalité. Mais je l’aimerais encore plus verte et plus belle avec des plans d’urbanisme et d’architecture plus audacieux, qui prennent en compte la flore et l’ajout de verdure. Avec des transports en commun à la fine pointe de la technologie. Qu’elle soit un modèle de ville verte dans le monde!